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La photographe Marta Bevacqua

Marta Bevacqua, photographe née à Rome en 1989, exerce à Paris depuis plusieurs années.
Photographe de mode et de beauté à Rome puis à Milan, elle débute réellement sa carrière en France, et alterne travaux de commandes pour des magazines tels que Grazia, Vogue ou Marie-Claire, campagnes de pub, clips vidéos, et projets personnels, comme autant de récits où la poésie et la fantaisie se mêlent dans une lumière naturelle lumière naturelle subtile. À la question : « Si vous étiez un objet ? », Marta Bevacqua a répondu : « Une goutte d’eau ». Découvrez ce mois-ci l’univers de cette photographe qui joue délicatement sur le naturel, la transparence et la légèreté.
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Marta Bevacqua, photographe née à Rome en 1989, exerce à Paris depuis plusieurs années.
Photographe de mode et de beauté à Rome puis à Milan, elle débute réellement sa carrière en France, et alterne travaux de commandes pour des magazines tels que Grazia, Vogue ou Marie-Claire, campagnes de pub, clips vidéos, et projets personnels, comme autant de récits où la poésie et la fantaisie se mêlent dans une lumière naturelle aérienne et subtile.

 

INTERVIEW

- Premiers contacts avec la photographie ?
Marta Bevacqua : J’ai commencé à m’intéresser à la photographie au lycée, en Italie : voulant me créer un personnage dans un jeu de rôle, j’ai cherché sur des sites de photos de quoi le rendre plus attrayant. Et à force d’accumuler toutes les images qui me plaisaient, j’ai fini par avoir envie d’essayer d’en réaliser moi-même. C’est comme cela que j’ai commencé. Je n’ai plus arrêté depuis. Après le lycée, je suis allée à l’université étudier la littérature mais j’ai très vite compris que cet enseignement n’était pas fait pour moi : je voulais faire de la photo, rien d’autre. Au départ, je savais juste que je voulais essayer de faire des images, mais sans savoir vraiment quoi photographier, ni comment. J’ai grandi dans une maison à la campagne près de Rome alors un jour, j’ai tout simplement attrapé un appareil photo que j’ai trouvé chez moi, (il était cassé, mais je n’avais rien d’autre) je suis sortie dans le jardin, et j’ai photographié des fleurs, des arbres, etc. Ensuite j’ai utilisé mes deux soeurs comme modèles et j’ai fait des portraits. Mais il me fallait quitter Rome, ma ville natale, qui n’était pas le lieu idéal pour mener une carrière dans la mode. Après Milan, je me suis dit que j’allais essayer Paris !  

- Quand vous êtes arrivée en France, vous ne parliez pas du tout notre langue ?
MB : La première année, c’était l’enfer... ! Je suis arrivée à Paris il y a cinq ans maintenant, sans adresse, sans contact, sans parler un mot de français. Et tant que je ne parlais pas français, j’avais des problèmes avec toute la gestion de la vie quotidienne, la banque, la location d’appartements, etc. Travailler n’était presque pas le plus important, au début. L’année d’après, j’avais appris à parler français, j’ai rencontré mon compagnon, j’ai trouvé un appartement, et j’ai commencé à avoir des clients ; tout a fonctionné en même temps.

- Vous avez grandi à la campagne. C’est sans doute pour cette raison que l’on sent dans vos images ce goût pour la nature ?
MB : Oui. Durant ma première année à Paris, j'ai dû changer six fois d’appartement ! Mais au final, déménager aussi souvent m’a été profitable. Chaque fois, j’explorais mon nouveau quartier et les alentours, les parcs, les jardins et les petites rues, jusqu’à connaître Paris parfois mieux que certains Parisiens eux-mêmes ! Aujourd’hui encore je travaille de cette manière : je regarde sur un plan pour trouver des espaces verts, je consulte les photos satellite, je vais sur place. Une fois, alors que je me rendais à Bruxelles en bus, j'ai vu des champs magnifiques par la fenêtre, j'ai consulté Goople Map pour repérer l'endroit, et plus tard j’ai loué un véhicule pour retourner là-bas. Je découvre beaucoup de beaux paysages de cette manière. Et depuis quelques mois, j'ai même une voiture - très petite mais assez grande pour deux. Et bien sûr j’utilise souvent aussi le bois de Vincennes et le bois de Boulogne, qui permettent de shooter facilement en pleine nature.

- Avez-vous le sentiment que votre style évolue avec le temps ?
MB : Lorsque je regarde mes photos d'il y a un an ou deux, je suis toujours un peu surprise et je me demande pourquoi je faisais ces choix-là. Le maquillage notamment est un bon exemple. Il y a quelques années, j’allais vers quelque chose de plus chargé. J’expérimentais beaucoup. Maintenant je travaille sans rien. Je suis sur le mouvement, l'esprit, sur l'attitude. Je peux shooter n'importe où, je n’ai besoin de rien. Je tente toujours de nouvelles expériences mais plus de la même manière.
On ne trouvera pas sur Instagram ni sur mon site, les photos de mes soeurs que j’ai faites avec l'appareil photo cassé (chaque fois que j'appuyais sur le bouton, il s’éteignait). Lorsque je regarde ces photos-là, je me dis : « Oh mon Dieu ! » et je rigole. Au fond, c'est normal, j'avais dix-sept ans, c’était mes tout premiers essais, je n'avais jamais pris d'appareil photo dans les mains. Et au moins, dans la composition, c'était pas mal… Mais pour tout le reste, c'était horrible ! Comme la première année à Paris. J’étais encore dans une situation précaire : je ne savais pas si j’allais rester en France, si je pouvais démarrer une carrière dans le domaine de la mode, tout était encore flou et incertain, et cela se ressentait aussi dans mes photos, je pense. À présent je me sens à l'aise ici en France, sereine et plus sûre de moi : j’ai trouvé tout ce dont j'avais besoin pour créer et m’exprimer.  

- Et au départ, pas d’école photo donc. Vous avez tout appris par vous-même ?
MB : Oui, je n’ai jamais étudié la photo. J’ai seulement suivi un cours d’une semaine à Londres en « fashion photography » où j’ai beaucoup appris. Au début, j’avais juste envie d’essayer de faire des photos de mode, de choisir une belle fille, de beaux vêtements, un beau maquillage et une belle coiffure. J’ai contacté une photographe de mode en Italie pour démarrer et avoir des conseils. Lorsqu’elle m'a expliqué que j’aurais besoin d'une styliste, j’ai réalisé que je ne savais même pas ce que c’était… Je ne connaissais pas du tout le vocabulaire. Une amie m'a conseillé ce cours à Londres. Ils n'expliquaient pas comment faire de la photo, mais le métier de « photographe de mode » par lui-même, la différence entre un édito et une campagne de pub, la différence entre beauté et mode, etc. Il y avait une sélection à l’entrée, où il fallait présenter un port-folio, et j’ai été retenue. Mais tout ce que je sais sur Photoshop, par exemple, je l’ai appris avec des tutos sur internet.

- Et pour le choix des modèles, c’est pareil ?
MB : Habituellement, je fais appel à une agence de mannequins. Ils m'envoient un « pack », compris en général entre deux et dix filles selon les agences, et je choisis celle que je préfère. Je travaille également beaucoup avec des filles en free-lance. Avec Facebook et Instagram, c'est devenu très facile de trouver des modèles.

- Instagram : une nouvelle méthode de travail ?
MB : J’ai ouvert mon compte Instagram en Italie, exactement deux jours avant de déménager à Paris. Et la toute première image que j’ai postée est une photo de Notre Dame prise à mon arrivée. J’étais un peu déprimée, je ne savais pas trop ce qui m’attendait et je me demandais ce que je faisais là. Alors j’ai eu envie d’aller voir Notre Dame…!
J'ai commencé à travailler grâce aux réseaux sociaux, Instagram ou des sites comme behance.net. Je n'avais pas encore d’agence alors. C’est tellement facile de trouver des clients de cette manière ! C’est très important pour les mannequins aussi ; pour tout le monde. Je suis très active sur les réseaux, et j’essaye de publier un peu tous les jours.

- Après la photo, la vidéo, c’était une suite logique ?
MB : J’ai commencé la vidéo en été 2016. Je n’y pensais pas vraiment au départ et j’étais convaincue qu'en tant que photographe, je m’occuperais plutôt de la direction de la photo. Mais un chef opérateur m'a contactée pour travailler avec moi, en tant que réalisatrice, après avoir vu mes images sur Instagram. Cela m'a ouvert tout un monde : continuer à faire des photos, mais en vidéo ! J’ai voulu essayer. Il m'a expliqué les bases pour écrire un projet. On a écrit le premier ensemble. L’expérience m’a énormément plu. J’ai eu des idées pour d’autres projets et j'ai vraiment commencé à faire de la vidéo avec une équipe. Écrire une histoire, faire le découpage, imaginer les plans, rencontrer l’équipe, etc. Sur certains projets personnels, j'ai parfois tout réalisé moi-même, filmer, faire le montage, trouver la musique, acheter les morceaux, et jusqu’à la post-prod (même si l'étalonnage est la chose la plus difficile - Photoshop, à côté, me semble facile). Réaliser des vidéo, des clips aussi, imaginer des choses très visuelles, artistiques, m’intéressent beaucoup. J’aime l’univers que l’on retrouve dans certaines pubs de parfums par exemple. Ce qui m’intéresse, en vidéo également, c'est vraiment le travail de l’image.

- Numérique vs argentique ?
MB : J’ai commencé à travailler en numérique, bien sûr. Lorsque j’ai testé l’argentique, c’était à titre personnel, parce que le procédé m’intéressait. J’ai improvisé une chambre noire dans ma salle de bain à Rome… Mais il faut beaucoup de place pour monter une chambre noire !  Cela reste pour moi une très belle expérience.

- Quelle est l’activité qui vous permet de ressourcer votre envie de photographier ?
MB : Parfois, c’est quand je travaille sur un projet que me viennent les idées du prochain projet. Parfois au contraire, j’ai besoin d’une pause et alors je ne mets pas de projets perso en route, et si je ne suis pas en vacances, dans ce cas je travaille uniquement sur mes commandes, où là, les idées viennent avec les clients, les briefs, les échanges, etc. Pour mes projets perso, j’ai besoin d'être inspirée, sinon je ne shoote pas. Chaque année, au moins, il y a un mois ou deux où j’arrête et ce sont ces périodes qui m'aident vraiment à me retrouver. Il y a un toujours un moment où je ne veux plus regarder mon appareil photo, et je m’en détourne, j’attends un peu, et ensuite je le reprends avec plaisir.

- Parvenez-vous toujours à dissocier les vacances et le travail ?
MB : J’organise beaucoup de shootings personnels durant l’année, parallèlement à mon travail de commandes. Alors quand je suis en vacances, je ne fais pas de photos. Et si je vois un beau coucher de soleil, je prends juste une photo avec mon portable. Pourtant, lorsque je suis allée au pôle Nord, j’avais quand même emporté mon appareil photo, et j'ai fait la série des paysages pour le plaisir, parce que parfois je ne peux pas résister à l’envie d’organiser un shooting lorsque le lieu est magique. Cela dépend : je suis allée au Brésil l'année dernière pour un job à São Paulo et je suis restée une semaine à Rio avec mon copain, sans prendre aucune photo. Il m’a proposé d’organiser un shooting. J’ai refusé. J’aurais pu profiter du cadre magnifique mais je n’en éprouvais pas le besoin. Je voulais être en vacances, vraiment en vacances, boire du lait de coco à Copacabana sur la plage et rien d’autre… et c'est ce que j’ai fait !  

- Quels sont les photographes qui vous ont donné envie de faire de la photo ou qui vous ont influencée ?
MB : Beaucoup ! Une liste d’au moins cinq cents noms ! Parmi les grands photographes, il y a Paolo Roversi, Tim Walker, Steven Meisel...  Et avec Instagram, c'est devenu tellement facile de trouver des photographes... À dix-sept ans, lorsque je cherchais des images pour mon jeu de rôle, j'ai découvert la photographe Zhang Jingna. Je l'ai contactée, plus tard, et elle m'a dit qu’elle aussi aimait bien mon travail, j’étais très touchée. J’aime bien aussi Laura Makabresku et Isabella Ståhl. Chaque jour on peut découvrir de nouveaux photographes sur Instagram, c'est incroyable. Les réseaux sociaux sont une grande source d’inspiration.

- Vous n’envisagez pas de retourner en Italie maintenant ?
MB : Non, mais je n'envisage pas de rester à Paris non plus. J’adore cette ville, mais la campagne me manque. J’ai besoin d'être plus près de la nature. Et j’adore l’Italie pour les vacances. Mais je ne veux pas que mes enfants grandissent en ville… Peut-être en Normandie ? J’aime aussi beaucoup la Scandinavie, la Norvège. Je suis allée deux fois au pôle Nord en vacances. C’est une région qui me fait rêver et où j'aimerais habiter aussi. j’ai d’ailleurs très envie d’organiser là-bas un shooting, un jour.
Mais pour le moment, je me sens bien en France !
 

QUESTIONS SUBSIDIAIRES

- Quel (autre) métier auriez-vous aimé faire ?
MB : Écrivain.

- Au contraire, quel métier n'auriez-vous pas aimé faire ?
MB : Servir la clientèle, sourire, convaincre d’acheter. Ce n’est vraiment pas pour moi.

- Quelle est votre drogue favorite ?
MB : La campagne et le chant des oiseaux.

- Qu’est-ce qui vous fait réagir le plus de façon créative, spirituellement, ou émotionnellement ?
MB : Les voyages.

- Qu’est-ce qui, au contraire, vous met complètement à plat ?
MB : Rester à Paris quand il fait gris.  

- Quel bruit, quel son aimez-vous ?
MB : Le chant des cigales et les arrosoirs automatiques des jardins. Deux bruits qui se ressemblent un peu et qui évoquent la chaleur de l’été.
Et le silence aussi, mais le vrai silence, comme celui du pôle Nord.

- Au contraire, quel bruit détestez-vous entendre ?
MB : Celui des voitures, du trafic, les klaxons, les sirènes des ambulances, les bruits des travaux, les marteaux-piqueurs et les pelleteuses.

- Qui aimeriez-vous shooter pour mettre sur un nouveau billet de banque ?
MB : La Reine d’Angleterre, mais à ma façon.

- Quel est votre juron, gros mot, blasphème favori ?
MB : « Cazzo ».

- Quel(s) don(s) de la nature aimeriez-vous posséder ?
MB : Pouvoir être invisible, parler aux animaux et respirer sous l’eau.  

- Avez-vous un objet fétiche, un porte-bonheur ?
MB : Certains livres que j’ai adorés et que j’ai besoin de garder près de moi, et une petite boîte en bois dans laquelle je range de jolies pierres que je ramasse dans les endroits que j’aime bien (et à laquelle personne n’a le droit de toucher !).

- En quoi aimeriez-vous être réincarnée ?
MB : En ours polaire, pour regarder les aurores boréales - un ours polaire dans un monde où ils ne seraient pas en voie d’extinction.

- À quoi vous sert l’art ?
MB : Parfois, je me sens triste parce que j’ai l’impression d’être inutile ! Les guerres, le réchauffement climatique : je vois le monde qui est en train de se détruire tandis que moi… je fais des photos de mode. J’aimerais aider davantage la planète, les animaux et les gens qui en ont besoin. Je me dis que je ne sers à rien. Pourtant, j’espère aussi, à mon échelle, apporter un peu de beauté dans ce monde. Même si c’est peu.
 

SI VOUS ÉTIEZ

- Une couleur ?
MB : Vert foncé.

- Un parfum ?
MB : Le réglisse et la menthe.

- Un alcool ?
MB : La sambuca (liqueur italienne à l’anis).

- Une saison ?
MB : L’hiver.

- Un animal ?
MB : Un ours polaire.

- Un(e) artiste ?
MB : Hayao Miyazaki.

- Une œuvre d’art ?
MB : Guernica, de Picasso

- Une chanson ?
MB : « In this world », de Moby.

- Un sentiment ?
MB : L’amour.

- Un objet ?
MB : Une goutte d’eau.
 

UN PHOTOGRAPHE + UN LABO Martha Bevacqua & Processus

- Pourquoi avez-vous choisi Processus ?
MB : J’ai signé avec ma nouvelle agence (Open Space Paris) en mars dernier, et j'ai eu en charge un premier édito pour Grazia France. J’avais déjà travaillé avec un autre studio de post-prod. J’ai eu envie d’en changer. J’ai testé deux ou trois labo différents. Et j’ai choisi Processus. J’adore Marie-Laure, et je me suis sentie immédiatement à l'aise avec tout le monde, bien avec l'endroit. On a fait un premier job ensemble, et là je me suis dit : « Ok, j’ai trouvé mon labo ».
 

ARRÊT SUR IMAGE

Série aux images déchirées, pour le magazine Grazia.
MB : J’avais réalisé un shooting semblable précédemment, mais en noir et blanc, où je jouais déjà avec les superpositions photo papier / réalité.
J’avais fait une première séance de shooting classique, puis j’étais allée imprimer ces images pour réaliser un second shooting, réutilisant une partie des impressions que je venais de faire. C’était un peu compliqué, parce qu’il fallait prendre les dimensions précises du modèle pour que les superpositions des feuilles déchirées fonctionnent bien sur elle. J’avais choisi une jeune-fille avec beaucoup de tâches de rousseur, pour bien montrer qu’il s’agissait de la même fille. J’ai continué la série avec d’autres modèles et des déchirures de papier plus en plus petites. Au début, j’avais utilisé d’énormes tirages qu’il fallait attacher tant bien que mal : je n’avais pas d’assistant, il n’y avait que le modèle et moi. Ensuite je me suis concentrée sur les détails du visage, un oeil, une bouche.
Quand j’ai eu l’édito pour Grazia, « mesure et démesure », je leur ai proposé ce travail qu’ils ont immédiatement accepté. Et pour éviter de refaire exactement la même chose, j’ai voulu essayer la couleur à laquelle j’ai ajouté d’autres effets, par exemple que le maquillage fasse partie de la feuille déchirée et que le modèle reste naturel, ou encore que la main qui tienne le tirage déchiré ne soit pas celle du modèle, pour donner un effet un peu bizarre. Il y en a même une sur laquelle on compte trois mains, je voulais obtenir un effet surréaliste.
Le jour du shooting, on avait loué du matériel pour faire les impressions sur place. J’avais commandé du papier mat, pour qu’il n’y ait pas de reflets, et assez épais, pour que ce soit plus facile à déchirer. On a gâché par mal de papier au début, parce que les mesures étaient fausses, c’était assez compliqué. Et ensuite, quand toutes les mesures ont été bonnes, c’est moi qui ai fait les déchirures à la main -  et je me suis trompée plusieurs fois. Il a fallu réimprimer quelques tirages mais c’était très cool à faire. Ce n’était pas vraiment improvisé : je savais exactement ce que je cherchais et ce que l’on devait faire, mais, au moment de déchirer le papier, à la volée, comme ça, il y avait toujours un petit risque. Au moment crucial, tout le monde me regardait - le client, la DA, la prod, le mannequin, la coiffeuse, la maquilleuse, mon assistant lumière et mon assistant numérique, il fallait y aller ! On n’avait qu’un seul jour pour finir le shoot… tout devait fonctionner, je n’avais pas le choix ! Au final j’ai pu obtenir exactement les effets que je recherchais, et j’en suis très contente.



Interview : Sandrine Fafet
(Septembre 2018)