- Pourquoi êtes-vous devenu photographe ?
Jérôme Bonnet : J'avais l'impression d'être incroyablement bon photographe dès mon premier rouleau. Rétrospectivement, rien ne justifiait cette confiance.
- Quelle est l'activité qui vous permet de reposer vos yeux et de ressourcer votre envie de photographier ?
Jérôme Bonnet : Ce sont généralement des photos qui me donnent envie de faire d'autres photosÂ…
- L'art du portrait est très ancien. Il se place au fondement même des premières photographies. Il est également chargé d'une riche tradition picturaleÂ… Comment situez-vous votre travail, par rapport à la peinture ?
Jérôme Bonnet : J'ai beaucoup fréquenté les musées étant enfant. Je pense que cela a été déterminant et que ça se retrouve aujourd'hui dans mes images.
- Les Indiens craignaient qu'on ne vole leur âme si un photographe faisait leur portrait : que pensez-vous de cette peur instinctive ?
Jérôme Bonnet : Je comprends qu'on refuse de se laisser photographier. Mais je ne me soucie pas trop des sentiments de ceux qui acceptent : je ne pense pas que cela fasse vraiment partie de mon rôle de photographe.
- La lumière est très importante dans vos images : comment travaillez-vous cette lumière, justement ?
Jérôme Bonnet : J'ai mis en place un certain type de lumière, il y a environ deux ans, qui me satisfait. J'utilise deux flashs profoto, très centrés sur mon sujet. Ce système me permet d'obtenir à la fois des plans larges et des plans serrés, facilement. Il m'arrive aussi de louer du matériel supplémentaire, (j'ai parfois besoin d'une lumière différente, plus complexe, afin d'obtenir notamment une profondeur de champ moins importante) mais, pour des raisons économiques, cela n'est pas toujours possible. Généralement, je préfère installer la lumière avant de rencontrer mon sujet. Je ne fais presque jamais de polas : j'ai donc parfois des surprises. Des bonnesÂ… et des mauvaises. J'aime conserver ce côté imprévisible qui fait encore le charme de l'argentique. Mais je viens d'acheter un boîtier numérique. Il se peut donc que cela change pas mal de chosesÂ…
- Vous faites actuellement des portraits, essentiellement, mais vous vous êtes aussi consacré au reportage. Quelle place cela occupe-t-il désormais dans votre activité professionnelle ?
Jérôme Bonnet : Je ne fais plus de reportage depuis le changement de maquette d'Air France Magazine.
- Parmi la génération de demain, y a-t-il des photographes dont vous suivez le travail ?
Jérôme Bonnet : Je déteste les photographes plus jeunes que moi, en particulier s'ils ont du talent.
- Quel est le métier que vous auriez aimé faire ?
Trader.
- Quel est le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?
Kiné.
- Quelle est votre drogue favorite ?
La nicotine.
- Quel est votre juron, gros mot, blasphème favori ?
"Fait chier !"
- Qui aimeriez-vous shooter pour mettre sur un nouveau billet de banque ?
Britney Spears.
- Quel est le don de la nature que vous aimeriez avoir ?
L'immortalité.
- Si vous étiez une chanson ?
Giant, de Herman Dune (cette semaine).
- Si vous étiez un objet ?
Des bottines que je viens d'acheter en soldeÂ…
- Si vous étiez une saison ?
Le printemps.
- Si vous étiez une couleur ?
Beige, gris, à la limite vieux rose.
- Si vous étiez un sentiment ?
L'ennui.
- Si vous étiez une odeur ?
Du tabac froid.
- Si vous étiez un artiste ?
Bruce Lee.
- Si vous étiez une œuvre d'art ?
L'homme qui marche, de Giacometti.
- Pourquoi Processus ?
Jérôme Bonnet : Processus est le tout premier labo avec lequel j'ai travailléÂ… Ce à quoi j'étais particulièrement sensible à l'époque, c'est que, chez Processus, connu dans le métier ou pas, tous les photographes ont droit à la même qualité de travail.
Je ne suis pas resté fidèle à Processus, et pendant un moment j'ai travaillé avec d'autres labos. Mais je travaille à nouveau exclusivement avec eux. Je fais développer tous mes films là-bas, je fais scanner mes négatifs et retoucher mes images.
Processus me donne à la fois un travail de très bonne qualité, avec un fonctionnement suffisamment souple et adapté à la presse, qui demande des délais serrés, des tarifs intéressants, et qui nécessite d'être hyper réactif lors d'imprévus de dernière minute.
Ce que je demande à un retoucheur, c'est d'aller très vite dans ma direction et de comprendre ce que j'attends. Chez Processus, l'équipe des retoucheurs me connaît bien. Sur mes images, je sais qu'ils vont toujours aller plus loin, me proposer quelque chose qui ira dans mon sens et qui saura me surprendre et me convaincre.
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